09 | La résolution 1325, la paix et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) en RDC.
Des notes d'épisodes
La résolution 1325, adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2000, est le texte fondateur du programme "Femmes, Paix et Sécurité". Elle impose l'intégration des droits des femmes dans la prévention des conflits, la protection contre les violences basées sur le genre (VBG) et la participation aux processus de paix. Bien que de nombreux textes nationaux en République Démocratique du Congo prévoient précisément cela, il existe un écart considérable avec les réalités du pays. Encore pire, les femmes sont souvent laissées à elles-mêmes face à leurs besoins spécifiques en matière de prévention et de prise en charge après avoir subi des violences. Comment expliquer cela, alors que l’État est le premier acteur du changement politique ? L’épisode 9 du podcast « Les rêves des léopards rouges », enregistré le 29 juillet 2026 au Studio Fritz à Kinshasa, se penche sur cette question importante avec les invités suivants :
- Angelique Kipulu Katani : Secrétaire exécutive de la Coalition des Femme pour la Paix (CFPD)
- * Georgette Biebie :* Professeur d'université, 1 ère militante de défense des droits de la femme
- Joseph Kefa : Professeur, Expert Consultant
- Mme Céline Sikulisimwa : Professeur d'Université , administrateur et membre du conseil d'administration ARC-CS
- Modération : John Ngombua : Directeur des informations chez Antenne A
Production : John Makasi (FES)
Vous trouverez tous les épisodes du podcast « Les rêves des léopards rouges » sur https://congo.fes.de/podcast.html https://www.youtube.com/@FESGlobal
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00:00:01: Voix off La Résolution 1325 des Nations unies : la paix et la lutte contre les violences basées sur le genre en RDC.
00:00:10: Voix off Les Rêves des Léopards Rouges, politique et société en RDC, un podcast de la Fondation Friedrich Ebert. Depuis le Studio Fritz, à Kinshasa, monsieur John Ngombua.
00:00:23: John Ngombua En République démocratique du Congo, nous avons l'art de rédiger de magnifiques lois, mais nous avons aussi le triste record de les laisser dormir dans nos tiroirs.
00:00:39: John Ngombua Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce numéro de Les Rêves des Léopards Rouges, le podcast qui décortique pour vous les grands enjeux de notre société avec lucidité et engagement. Aujourd'hui, nous nous posons une question fondamentale : où en est réellement la femme congolaise dans la quête de la paix et de la gouvernance dans notre pays ? Ce podcast est réalisé à Kinshasa, dans le studio Fritz de la Fondation Friedrich Ebert.
00:01:33: John Ngombua Pour en venir à ceux qui sont avec moi et celles qui sont avec moi sur ce plateau, je m'en vais tout de suite les présenter, de ma gauche vers ma droite. Madame Kipulu Katani est secrétaire exécutive de la Coalition des femmes pour la paix et le développement. Monsieur Tshibangu Ngoy est professeur et président de l'Institut africain de formation en droits humains et gestion de projets. Le professeur Georgette Biebie est militante et combattante pour la protection et la promotion des droits des femmes, femme pionnière pour les négociations de paix depuis le dialogue intercongolais de Sun City. Je m'arrête à cette présentation parce qu'elle est un peu plus longue, c'est vrai. Madame Sikulisimwa Céline est professeur ordinaire à la Faculté des sciences et technologies de l'Université de Kinshasa. Elle est administrateur et membre du Conseil d'administration de l'autorité de régulation et de contrôle de la couverture santé universelle.
00:03:11: John Ngombua Je disais tout à l'heure que, aujourd'hui, nous posons une question fondamentale : où en est réellement la femme congolaise dans la quête de la paix et de la gouvernance dans notre pays ? D'un côté, nous avons la beauté des textes, l'article 14 de notre Constitution, la Loi sur la parité de 2015, la célèbre Résolution 1325 des Nations unies, ou encore le protocole de Maputo. Sur le papier, la République démocratique du Congo est un modèle.
00:03:55: John Ngombua Mais sur le terrain, dans l'Est meurtri de notre pays, comme dans nos instances décisionnelles à Kinshasa, nous faisons face à la laideur de la réalité. Les violences basées sur le genre instrumentalisées comme armes de guerre, l'impunité, le plafond de verre en politique et une marginalisation tenace aux tables de négociations de paix. Pourquoi un tel fossé entre l'intention et l'action ? Est-ce un manque de financement, le poids des pesanteurs socioculturelles ou tout simplement un déficit de volonté politique ? Et surtout, comment passer enfin des slogans au budget et du statut de victime à celui d'actrice majeure du changement ? À mes invités sur ce plateau, comment vous allez toutes et tous ? Madame Kipulu.
00:05:02: Angélique Kipulu Katani Bonjour à tous, merci. Je vais bien. Je suis contente d'être invitée dans cette émission parce que je pense qu'aux premières heures de commencement de cette émission, Tribune des femmes, j'étais invitée plusieurs fois et à ce moment-là, j'étais femme syndicaliste dans les responsabilités syndicales. On a fait beaucoup d'émissions et je suis fière d'être là aujourd'hui pour les 25 ans et savoir ce qui va dire et ce que nous allons dire ensemble.
00:05:32: John Ngombua Merci. Monsieur Ngoy Tshibangu.
00:05:37: Tshibangu Ngoy Merci beaucoup, surtout à la Fondation Friedrich Ebert, pour cette organisation. Je suis professeur et président de l'Institut africain de formation en droits humains et gestion de projets. Ici, je voudrais beaucoup plus participer afin d'apporter un plus pour essayer d'appuyer la femme concernant cette grande lutte concernant la paix, la protection et la sécurité. Nous sommes là et nous allons échanger avec des consœurs afin que nous puissions essayer d'apporter un plus parce que jusque-là, comme vous l'avez dit dans votre annonce, beaucoup de choses sont restées dans les écrits, mais la réalité sur le terrain, c'est tout autre. Beaucoup de résolutions, beaucoup de textes, mais en réalité, jusque-là, la femme reste toujours là où elle était à l'époque ancestrale.
00:06:47: John Ngombua Professeur Georgette Biebie.
00:06:49: Georgette Biebie Bonjour John. Bonjour à tout le monde. Je suis Georgette Biebie Songo. Je suis enseignante à l'Université de Kinshasa, à la faculté de pharmacie, mais je suis surtout, comme j'aime bien le dire, militante et combattante pour la protection et la promotion des droits des femmes. C'est vrai, je suis heureuse d'être là, 25 ans après, parce que je pense qu'avec mon organisation, Cause commune, qui a lutté dans ce pays, cette plateforme de leadership féminin qui a lutté pour faire inscrire le principe de la parité dans la Constitution et également la Loi sur les violences sexuelles et la Loi aussi sur la gratuité de l'enseignement. Je suis fière, contente d'être là pour honorer Odia, qui nous a appris comment se tenir, comment parler en public, comment faire une émission. Je suis vraiment heureuse d'être là ce soir, cet après-midi plutôt, 25 ans après.
00:07:55: John Ngombua Professeur Céline Sikulisimwa.
00:07:58: Céline Sikulisimwa Merci beaucoup pour la parole et pour l'invitation. Je salue et félicite les 25 ans de cette émission. Je me souviendrai lorsque j'ai participé pour la première fois à la Tribune des femmes. Je suis intervenue comme technicienne scientifique dans mon domaine, la lutte contre les dérives dans le secteur de l'environnement, dans son ensemble. Mais aujourd'hui, je pense que ça a été aussi un coup de pouce pour moi et je dirais merci à madame Christine Lenzo qui m'avait invitée à cette époque. Et cette opportunité grâce à la Fondation Friedrich. Nous sommes là et je salue l'initiative pour débattre ensemble sur les avancées, pourquoi autant de lois, mais pas d'avancées dans le secteur qui concerne la femme, avec tout ce qu'il y a eu comme documents, textes légaux autour de ça. Nous allons en parler, mais en attendant, je salue l'initiative et je dis merci beaucoup pour cette opportunité.
00:09:01: John Ngombua Merci. Mes invités m'ont arraché les mots de la bouche. Ce podcast se réalise aussi en marge de la célébration des 25 ans de l'émission Tribune des femmes, animée sur la RTNC par madame Christine Lenzo, sur une idée originelle de madame Odia Malaika, à qui tout le monde tire son chapeau sur ce plateau.
00:09:32: John Ngombua C'est une question destinée à tout le monde. Évidemment, on ira de gauche à droite. En République démocratique du Congo, nous avons des textes constitutionnels et internationaux exemplaires sur la parité et les droits des femmes. Pourtant, le constat sur le terrain reste très alarmant. En un mot ou en une phrase, quel est, selon vous, le principal responsable de cet écart entre la loi et la réalité ? Madame Kipulu.
00:10:13: Angélique Kipulu Katani Je pense comme on vient de le dire ici, tous, on est dans la lutte sur le droit de la femme. Le premier responsable, ce sont les politiques, ceux qui dirigent le pays, ceux qui tiennent la politique du pays, parce que ce sont eux qui prennent les lois et ce sont eux qui doivent aussi faire le suivi pour voir si les lois sont vraiment mises en pratique. Les femmes souffrent, on prend les lois, mais le résultat ne se voit pas. Et la femme elle-même est au four et au moulin. La femme mène une lutte qu'elle n'a jamais menée dans sa vie pour arracher ses droits. Mais ceux qui tiennent les politiques essayent de freiner les femmes pour qu'elles n'obtiennent pas leurs droits qu'elles sont en train de chercher. Pour moi, ce sont les politiques.
00:11:09: John Ngombua Madame Angélique Kipulu affirme que les responsables, ce sont les politiques. Monsieur Tshibangu Ngoy, pour vous, c'est qui le responsable ?
00:11:22: Tshibangu Ngoy Personnellement, d'abord, je suis flatté de ma propre présence en ces lieux parce que nous sommes là pour honorer la grande dame, madame Odia Malaika, que j'ai connue parce qu'elle est passée à mon école. Elle est passée à l'Institut africain de formation en droits humains et gestion de projets, où elle a renforcé ses capacités sur la connaissance des droits des femmes. Je vois ses compétences, ses qualités, sa lutte, tout ce qu'elle est en train de faire afin de promouvoir les droits des femmes, afin de faire exécuter certaines lois. Dommage et malheureusement, s'il faut aller tout droit d'abord avec elle, je suis témoin, voyant comment elle est étouffée. D'abord, comme l'a dit ma prédécesseure, c'est le problème des politiques. C'est le problème des politiques. Jusque-là, on ne comprend pas pourquoi on est en train d'étouffer les décisions prises par les mêmes politiques. Ils prennent des décisions et par après, ils sont en train d'étouffer ça. Le grand problème, c'est à ce niveau-là, parce que s'il faut aller un peu beaucoup plus en détail, vous retrouverez que rien n'a été respecté.
00:12:47: Tshibangu Ngoy Parlons par exemple de la représentativité dans la prise de pouvoir dans notre pays. Nous avons combien de provinces ? Nous avons combien de femmes gouverneurs ? Et tout ça, c'est parmi des points qui démontrent à suffisance que la femme, jusque-là, malgré les lois et autres, n'est pas considérée, est étouffée, commençant d'abord par la politique. Et c'est à ce niveau-là qu'il y a des choses à revoir. Parce que je continuerai toujours à défendre la femme, parce que je suis témoin de plusieurs compétences des femmes. Donc, c'est le manque de volonté politique.
00:13:29: John Ngombua Professeur Georgette Biebie, vous êtes sans savoir que la femme représente la majorité de la population congolaise.
00:13:41: Georgette Biebie Cinquante-deux pourcents.
00:13:42: John Ngombua Voilà. Parlons du droit, parlons du vote, mais pourquoi est-ce que la femme... Parce que tout à l'heure, monsieur Ngoy a évoqué le cas des élus, des gouverneurs. Mais pourquoi est-ce que la femme ne vote pas pour la femme ?
00:14:03: Georgette Biebie Avant de répondre à cette question, moi, je suis une militante, donc je milite pour un changement. Et le changement ne vient pas facilement. Il y a des résistances sur le terrain, des mentalités, des coutumes, des traditions rétrogrades. Donc, je suis une militante et quand je regarde le combat que nous avons mené depuis 1996, que nous sommes sur le terrain, je dirais qu'il y a des avancées. Si aujourd'hui, on a une femme qui est Première ministre depuis 1960, c'est une avancée, c'est le résultat de notre combat. Si on a eu une femme pour la première fois depuis 1960, gouverneur de la Banque centrale, c'est une avancée. Aujourd'hui, on a 33 % de femmes au gouvernement, on a 12,8 % de femmes à l'Assemblée nationale, 21 % de femmes au Sénat. C'est une progression lente, mais je crois, dans notre combat, ce qu'on voulait d'abord obtenir, c'était le cadre juridique. Le cadre juridique est là. Maintenant, on se bat pour l'application effective des lois qui sont favorables à la protection des femmes. Donc, il y a des avancées.
00:15:17: Georgette Biebie Qu'est-ce qui bloque ? Je pense comme mes prédécesseurs l'ont déjà dit, ce manque de volonté politique. La politique est considérée comme une chasse gardée des hommes dans notre pays. Ce sont des mentalités, des traditions rétrogrades qui bloquent encore l'avancée des femmes. Nous continuons le combat pour que ce principe qui est consacré dans notre Constitution devienne effectif par la présence de plusieurs femmes au niveau des instances de prise de décisions.
00:15:50: John Ngombua Merci. Professeur Céline Sikulisimwa. En un mot ou en une phrase, quel est, selon vous, le principal responsable de cet écart qu'on constate dans notre société ?
00:16:05: Céline Sikulisimwa Merci beaucoup. Lorsqu'on est en face d'une situation telle que vous avez décrite, je pense que pointer du doigt uniquement le politique, c'est vrai que c'est d'un côté réaliste, mais moi, je pense aussi que les responsabilités sont partagées. À mon avis, le politique a sa part de responsabilité dans cette partie, comme nous l'avons dit aussi. Tout n'est pas que stagnation, tout n'est pas statu quo. Il y a des avancées, comme venait de le dire ma collègue juste à mon côté. Je pense aussi que d'une certaine partie, la population, pour ne pas cibler la société civile, a aussi sa part de responsabilité, dans la mise en œuvre de certains aspects. Il faut avouer aussi que ce n'est pas non plus évident, compte tenu de certaines réalités liées au pays, dans la mesure où, comme on l'a dit, il y a des avancées, certes, mais quand les lois sont promulguées, les lois sont là pour nous permettre de gérer notre société. Mais qu'en est-il des mesures d'application ? C'est plutôt là qu'il faut aller voir. Combien de lois ? Certes un arsenal juridique assez riche, mais très peu de mesures d'application.
00:17:28: Céline Sikulisimwa
Mais pourquoi il n'y a pas assez de mesures d'application ? Est-ce que nous nous sommes déjà posé la question de savoir ? C'est vrai, les gens vont légiférer tous les cinq ans, il y a des lois qui s'ajoutent, particulièrement dans ce secteur. Mais est-ce que ces lois sont suivies par des mesures d'application ? À mon avis, nous, population, en tant que... Nous, population, faisons partie de cette société. Nous subissons, c'est vrai, les politiques, mais est-ce que nous connaissons nos droits ? Est-ce que nous savons que nous pouvons aussi jouer notre partition dans la mise en œuvre de la suite pratique de toutes ces lois ? Et donc, à mon avis, le politique a sa part de responsabilité, bien qu'une très grande partie, mais nous aussi, de notre côté, on a notre partie. Et à cela, j'ajoute les scientifiques. Les scientifiques qui doivent aussi éclairer le politique sur certains points et certains aspects. Je crois que nous ne devons pas nous voiler la face. Si chacun joue sa partition, c'est vrai, la volonté politique y est pour beaucoup, nous pouvons avancer ensemble. C'est ce que je peux dire par rapport à cette situation en lien avec ce qu'on peut faire en termes d'état des lieux à ce jour, [inaudible: .
00:18:48: John Ngombua Merci beaucoup. Madame Kipulu, dans les zones de conflits dans l'Est de la RDC, les femmes sont les premières victimes de violences sexuelles utilisées comme armes de guerre. Mais au-delà du statut de victime, comment votre coalition agit-elle pour imposer les femmes comme des actrices incontournables des négociations de paix ?
00:19:23: Angélique Kipulu Katani C'est comme elle venait de le dire, il faut intégrer les femmes dans toutes les démarches qu'on est en train de faire. S'il y a une activité où il y a une réunion, il faut que la femme soit présente. Ce qu'on remarque très souvent, dans des grandes réunions, les femmes sont dans les couloirs. Même dans le cadre de la sécurité, le cadre de la paix, les femmes sont dans les couloirs et les hommes sont là pour prendre les décisions, venir les imposer aux femmes. Je pense que les femmes doivent être les premières actrices à participer à toutes ces réunions, là où on prend les décisions, là où on dit quelque chose par rapport à elles.
00:20:01: Angélique Kipulu Katani C'est vrai, il y a plus de violences à l'Est parce qu'il y a la guerre, mais c'est partout dans notre pays. Même ici, à Kinshasa, il y a autant de violences sur les femmes et tout ça, c'est banalisé, c'est négligé, on ne tient pas compte de tout ça. Si vous circulez dans la ville de Kinshasa par jour, vous verrez autant de femmes violées, autant de femmes battues, autant d'enfants. Tout ça, il faut tenir compte de ça. Et tout le monde doit être là pour participer comme les professeurs l'ont dit.
00:20:33: Angélique Kipulu Katani La femme doit être la première actrice parce que ça la concerne. C'est elle qui souffre. Peut-être, elle a perdu son mari, elle a perdu son enfant dans cette guerre-là, elle a perdu toute la famille et elle est en train de fuir avec les enfants au dos, les enfants entre les mains. C'est elle qui subit tout et c'est elle qui doit être aussi au centre de toutes les décisions qu'on prend, de toutes les réunions qu'on tient. Il faut que la femme soit là pour porter sa voix et dire : « Voilà ce que nous, on vit et nous voulons que ça change, que ça soit comme ça. » La participation de la femme est très importante dans tout ça.
00:21:10: John Ngombua D'accord. La Résolution 1325 des Nations Unies existe depuis plus de deux décennies. Concrètement, qu'est-ce qui bloque aujourd'hui pour que les plans d'actions nationaux disposent de véritables lignes budgétaires dans les budgets de l'État ?
00:21:30: Angélique Kipulu Katani Ce sont ceux qui ont le pouvoir entre leurs mains. Le budget est voté par eux. La femme est innocente, elle ne sait pas quels éléments on a pris dans le vote pour le budget pour que la résolution puisse être mise sur le chemin et tenir compte des souffrances de la femme. La femme n'est pas là où on vote le budget, là où on fait sortir l'argent. Ce sont toujours les mêmes personnes qui doivent penser et prendre de bonnes décisions pour faire participer la femme afin qu'elle amène aussi un plus dans tout ce qu'on est en train de faire.
00:22:08: John Ngombua Le budget est voté à l'Assemblée nationale, au Parlement, où il y a déjà une représentation, elle n'est pas symbolique, mais c'est vrai qu'elle n'est pas décisionnelle. Néanmoins, les femmes pouvaient aussi faire du lobbying à ce niveau-là, parce que ça se joue-
00:22:28: Angélique Kipulu Katani Avant que le budget ne parte au Parlement, c'est travaillé quelque part dans les ministères. Est-ce que là, les femmes sont aussi présentes ? C'est la question.
00:22:38: John Ngombua Une réaction du professeur Céline.
00:22:42: Céline Sikulisimwa Merci. Je suis tout à fait d'accord. Quand on parle de budget, je ne sais pas si vous avez déjà une fois participé à cet exercice. Vous allez vous rendre compte que ceux qui sont délégués ne sont que des hommes. La question est de savoir, est-ce que c'est la faute de ceux qui y travaillent, qui élaborent ce budget ? Combien de femmes, à travers les différentes organisations, participent à cet exercice ? J'y ai participé parce que je venais d'une structure de la présidence. C'est un gap qu'il faut combler, nos propres lacunes. Parfois, nous accusons les autres, mais nous ne savons pas qu'à la base, il y a ça.
00:23:18: Céline Sikulisimwa Mais aussi dans nos organisations, est-ce que nous préparons les femmes, par exemple, à aller concevoir un budget pour un besoin pour alimenter ? Souvent, les budgets proviennent de chaque ministère, ainsi de suite. Mais est-ce que la société civile, nous sommes informés qu'il y a ce processus-là ? C'est pourquoi j'ai dit : est-ce que nous connaissons nos droits ? Nous avons le droit à l'information, nous avons le droit de pouvoir revendiquer, bien sûr, sans enfreindre d'autres lois. Il nous faut nous exprimer. Mais pour ça, ça nécessite que nous soyons non seulement informées, mais instruites aussi. Parce que ça, c'est un exercice.
00:23:57: Céline Sikulisimwa Vous savez, élaborer... Je n'aime pas les chiffres. Élaborer un budget n'est pas une mince affaire, mais vous allez trouver uniquement des hommes, c'est à croire qu'il n'y a pas de compétences féminines pour faire ce travail-là. Je pense que quelque part, il nous faut aussi nous poser des questions. Pourquoi on n'alloue pas assez de moyens pour cette partie-là ? Je pense qu'il y a à boire et à manger. Il y a des questions qu'il faut se poser, mais plus faire cette analyse pour savoir comment nous pouvons arriver à faire changer les choses, arriver à intégrer les mécanismes d'élaboration des budgets pour que la femme soit prise en compte davantage à travers les allocations budgétaires. C'est ce que je voulais dire, de mon point de vue.
00:24:44: John Ngombua Je vous en prie, madame Kipulu.
00:24:47: Angélique Kipulu Katani De temps en temps, j'ai des petites informations pour le ministère du Genre, Famille et Enfant. C'est le ministère qui représente quand même la femme. Mais j'entends toujours les gens dire que le budget du ministère ne représente rien. Pas grand-chose.
00:25:04: Céline Sikulisimwa Le budget n'est pas assez conséquent, mais vous verrez...
00:25:11: Angélique Kipulu Katani C'est quoi ? C'est 3 ou 4 %, un truc comme ça.
00:25:13: Céline Sikulisimwa Oui, mais si vous analysez le camembert des allocations budgétaires, c'est tous les ministères qui se plaignent de la même façon.
00:25:20: John Ngombua S'il vous plaît, nous allons pouvoir avancer un peu. Monsieur Thsibangu, je sais que vous voulez réagir sur cette question. Allez-y rapidement parce que j'ai une question pour vous.
00:25:36: Tshibangu Ngoy Parce que sur cette table, nous avons déjà commencé à parler et on continuera à parler de la Résolution 1325 qui est au moins l'agenda international femme, paix et sécurité. Cette résolution-là exige la participation des femmes au processus. Madame la professeure a parlé des femmes...
00:26:06: John Ngombua Elles sont deux ici. Vous parlez peut-être de madame Céline Sikulisimwa.
00:26:12: Tshibangu Ngoy OK, madame Céline. Elle a parlé des femmes, qui parfois, ne connaissent pas leurs droits pour arriver à cela. Je voudrais donner un exemple très pratique. Nous retrouvons aujourd'hui sur ce plateau. Par quel mécanisme ? Nous avons été invités. Combien de femmes sont invitées afin de participer au processus ? Aujourd'hui, lorsqu'on doit parler sur les conflits à l'Est, tout ce qui part de l'insécurité, dans notre armée, nous avons combien de femmes Général ? À la police, nous avons combien de femmes Général ? Il y a une seule femme en RDC qui est Général à la police. Chez les FARDC, il y a moins de 10 femmes avec plus de 240 Généraux.
00:27:01: Tshibangu Ngoy Vous comprendrez à ce stade-là que le problème vient déjà à ce niveau-là, parce que la femme n'est pas associée. La femme ne participe pas au processus. Voilà pourquoi c'est difficile aujourd'hui que... Même s'il faut allouer les budgets pour lutter contre les violences sexuelles, la protection de la femme, on ne sait pas allouer un budget colossal parce que la femme elle-même n'est pas présente. Elle doit être invitée. Je suis là, je ne me suis pas invité, je ne me suis pas imposé. Il y a des gens qui ont reconnu mes capacités, mes valeurs, je suis invité. Pourquoi on ne doit pas reconnaître aussi les valeurs et les capacités des femmes, leurs compétences, afin de les inviter à participer à ces réunions-là où on doit allouer les budgets pour telle, telle, telle chose ?
00:27:58: Tshibangu Ngoy Je parle beaucoup plus de la participation. C'est parce que la femme n'est pas invitée à participer au processus de paix, au processus de sécurité et autres.
00:28:09: John Ngombua Quand on n'invite pas la femme à ce processus, c'est qu'on l'évite. Pour ne pas faire un méchant jeu de mots.
00:28:17: Tshibangu Ngoy Qu'à cela ne tienne, nous avons par exemple madame Georgette qui est militante. La rue, vous savez qu'à un certain moment, ça ne produit pas tellement. Ça produit, mais à un rythme-là, vraiment, c'est trop lent. Les femmes en général-
00:28:33: John Ngombua J'ai une question pour vous.
00:28:35: Tshibangu Ngoy Il faut que les femmes participent.
00:28:37: John Ngombua J'ai deux questions pour vous, monsieur Thsibangu. Vous formez des acteurs sur le terrain, je pense. L'arsenal juridique congolais est souvent qualifié de très riche. Pourquoi la justice peine-t-elle autant à sanctionner les auteurs des violences basées sur le genre et à briser les murs de l'impunité ?
00:29:04: Tshibangu Ngoy Oui, s'il faut remonter afin d'apporter des solutions à cette problématique, j'y reviendrai toujours, bien que ça fait mal, mais je reviendrai toujours aux politiques. Parce que c'est un problème vraiment très sérieux, surtout dans notre pays, parce que ce sont les mêmes acteurs qui sont à la base, qui, à un certain moment, ils essayent de bloquer...
00:29:39: John Ngombua Qui sont à la base de quoi ?
00:29:40: Tshibangu Ngoy Des actes.
00:29:41: Georgette Biebie Des actes ?
00:29:42: John Ngombua C'est comme des pompiers pyromanes.
00:29:45: Tshibangu Ngoy J'attire votre attention...
00:29:46: John Ngombua Des pompiers pyromanes.
00:29:47: Tshibangu Ngoy Le terme violation des droits de l'homme n'est utilisé que lorsqu'il s'agit de l'État. Lorsqu'il s'agit des acteurs politiques, lorsqu'il s'agit du gouvernement, c'est à ce moment-là qu'on parle de violation. Quand on parle ici du terme violation des droits des femmes, nous voyons que les grands bourreaux, ils se retrouvent quelque part. Et là, en coulisse, ils sont en train de tout faire. J'ai toujours eu une solution pour qu'on arrive aujourd'hui à sanctionner tout ça. Il y a des ministères qui doivent être écartés de la politique, qui doivent être gérés directement par la société civile, tel que le ministère de la Justice. En tout cas, il faudrait que ce ministère-là soit une église au milieu du village. Parce que lorsque le ministère de la Justice a une convocation-
00:30:39: John Ngombua C'est-à-dire quoi ? Que l'animateur du ministère provienne de la société civile ?
00:30:43: Tshibangu Ngoy Oui.
00:30:43: John Ngombua Dans le cas d'espèce, le ministre d'État est issu de la société civile, je crois.
00:30:48: Tshibangu Ngoy Même s'il vient de la société civile, mais il est géré par le politique, donc il est étouffé. Il faudrait directement que le ministère tel que le ministère de la Justice, dont nous parlons, ne puisse pas avoir des influences des hommes politiques. C'est déjà la plus grande cause, le plus grand blocage, parce que c'est la politique qui est derrière beaucoup de choses. Lorsque le ministère de la Justice est aussi sous gestion des politiques, rien ne marche. Qu'on nous donne ce ministère-là, la société civile, sans influence politique, je crois que les choses vont changer. À ce moment-là, il y aura des sanctions sans complaisance.
00:31:31: John Ngombua Dites-nous, parce que vous êtes aussi dans la gestion des projets, beaucoup d'initiatives pour le droit des femmes s'arrêtent à la fin des financements extérieurs. Comment concevoir des projets durables et autonomes qui ne dépendent pas uniquement, d'ailleurs, des fonds internationaux ?
00:31:50: Tshibangu Ngoy Les projets, c'est un domaine où les gens doivent beaucoup plus apprendre. Voilà pourquoi nous avons l'Institut Africain de formation en droits humains et gestion de projets, où nous parlons régulièrement, nous formons des gens sur la conception, la rédaction, le suivi et l'évaluation des projets. C'est là où j'invite d'ailleurs beaucoup de femmes à venir se faire former parce qu'on peut faire un projet avec tout ce qu'on a et avoir des résultats et progressivement atteindre le niveau qu'on veut.
00:32:29: Tshibangu Ngoy Il y a beaucoup de femmes aujourd'hui avec des capacités, mais le problème, c'est que très peu sont celles-là qui sont formées ou qui acceptent d'être formées. Là, c'est aussi quelque part une défaillance parce que j'ai reçu d'ailleurs le témoignage d'un pasteur. Lorsqu'il a organisé une réunion de prière, il y a eu plus de 100 femmes. Lorsqu'il a organisé une réunion de formation, il y a eu moins de 10 femmes qui ont accepté d'être formées. Ça, c'est aussi parmi les défaillances. Les femmes doivent accepter d'être formées.
00:33:04: Tshibangu Ngoy Lorsqu'on est formé en gestion de projet, je crois que déjà, c'est le début pour qu'on arrive au moins à canaliser tout ce qu'on a comme problème et pouvoir élaborer les budgets pour s'en sortir.
00:33:17: John Ngombua Est-ce que là, vous ne nuancez pas l'argument selon lequel, c'est l'État qui est responsable à partir du moment où il y a l'absence de cette prise de conscience de la femme ? Vous avez évoqué ce cas précis.
00:33:31: Tshibangu Ngoy Vous savez, lorsque nous revenons beaucoup plus de temps en temps sur l'État, parce que le premier acteur...
00:33:39: John Ngombua Je parlais des politiques.
00:33:41: Tshibangu Ngoy
Le premier acteur du changement dans chaque nation, ce sont les politiques. On ne peut rien faire. On ne peut pas parler du changement sans la volonté politique, quelle qu'elle soit. Je vous donne par exemple un exemple banal. Vous, tel que vous êtes là, vous pouvez regarder dans la ville de Kinshasa, vous dites que telle avenue n'a pas un bon état d'être, vous avez des moyens. Vous savez que si vous allez pour arranger, on va vous arrêter. Pour vous dire que le premier acteur du changement, c'est l'État. Voilà pourquoi [inaudible: qu'on revienne. L'État est notre papa et nous-mêmes, nous sommes dedans. Donc, quand nous parlons de l'État, nous n'accusons personne. Nous accusons aussi indirectement nous-mêmes parce que nous en faisons partie.
00:34:24: Tshibangu Ngoy À ce moment-là, il faudrait que tous, nous puissions revenir à la conscience parce que... Même dans la formation, les femmes qui sont dans des organisations de protection des droits des femmes, combien sont invitées et combien d'organisations du gouvernement pour former les femmes dans ces domaines-là ? Quand il faut envoyer des gens en mission pour telle ou telle spécialité, souvent, ce sont des hommes qui sont envoyés pour telle formation, mais souvent, les femmes ne sont pas invitées, ne sont pas intéressées à participer afin qu'elles arrivent maintenant à s'épanouir. Donc, le problème, c'est à ce niveau-là.
00:35:03: John Ngombua D'accord. Professeure Georgette Biebie, vous menez un combat au quotidien sur le terrain face au poids des pesanteurs patriarcaux et des stéréotypes de genre. Quelles sont les stratégies de sensibilisation qui fonctionnent réellement aujourd'hui pour faire évoluer les mentalités ?
00:35:31: Georgette Biebie John, avant de répondre à cette question, je voudrais d'abord revenir pour dire que la question du combat des droits des femmes, ce n'est pas un cadeau que nous demandons aux hommes détenteurs du pouvoir, ni une faveur. C'est une question de droit, de justice et d'éthique. Si nous voulons que...
00:35:54: John Ngombua Avancez-vous vers votre micro.
00:35:55: Georgette Biebie Si nous voulons que notre pays soit vraiment considéré comme un État de droit, dans un État de droit, les lois doivent être opposables à tous. Donc, ce n'est pas la peine de prendre des lois et de ne pas les appliquer. Notre État, si on doit revenir encore à l'État, je pense que l'État doit être responsable de l'application de ces lois pour la protection de tous les citoyens. L'État de droit dont on parle dans notre pays ne sera effectif que quand il y aura vraiment application des droits des uns et des autres. Nous, nous ne sommes pas là pour faire le combat contre les hommes, mais nous disons : « Nous sommes contre les mentalités, les coutumes, les traditions rétrogrades qui avilissent la femme. »
00:36:51: Georgette Biebie Les stratégies de sensibilisation, je pense que depuis plusieurs années, nous les faisons en rassemblant des femmes par des causeries éducatives, par des formations, des stages de formation, par des séminaires de formation. Moi qui vous parle, je suis docteur en pharmacie, mais maintenant, je connais le droit pour défendre le droit des femmes. Je l'ai appris dans les séminaires de formation. C'est très important la formation, la sensibilisation des femmes. Pour que les femmes prennent conscience qu'elles ont des droits, elles doivent connaître ces droits, elles doivent les défendre et les revendiquer.
00:37:39: Georgette Biebie Donc, pour nous, c'est d'abord la formation, la prise de conscience et je voudrais le souligner, le fait que le chef de l'État que nous avons maintenant, il est champion de la masculinité positive. C'est un homme qui est sensible au genre et je pense qu'il l'a prouvé, mais peut-être qu'il pourrait faire mieux en nommant une femme Première ministre, en nommant une femme gouverneur de la Banque centrale, des choses qu'on n'avait jamais connues depuis l'indépendance. Donc, nous encourageons cette attitude du chef de l'État. Nous encourageons aussi les hommes genrés à nous accompagner dans la sensibilisation des droits des femmes. Ces hommes qui comprennent que les droits des femmes sont des droits humains, que ces droits doivent être connus de tous, que ces droits doivent être respectés, que ces droits doivent être défendus.
00:38:38: Georgette Biebie Nous, c'est surtout la formation, la sensibilisation, des séminaires, des voyages et de partage d'expérience. On va voir comment ça se passe ailleurs, quelles sont les bonnes pratiques qui donnent des résultats ailleurs, quels sont les défis. On avance petit à petit et comme je vous ai dit, je suis une militante. Je continuerai à défendre le droit des femmes jusqu'au dernier souffle de ma vie. Je ne vais pas me fatiguer. J'essaie de voir qu'est-ce qui est positif et on avance.
00:39:10: John Ngombua On entend souvent dire que la parité est perçue comme un concept extérieur. Il est importé, ce concept est importé ou bien, il est une faveur politique. En tant que militante, que répondez-vous à ceux qui doutent encore de la nécessité d'une présence à 50/50 des femmes dans les instances décisionnelles ?
00:39:44: Georgette Biebie Pour répondre à cette question, je dirai tout simplement, j'étais à Sun City, au Dialogue intercongolais. On a entendu beaucoup de réactions de la part des hommes et nous avons été reçues par le président Étienne Tshisekedi, qui nous a conseillées et qui nous a recommandé une chose très importante que je n'oublierai jamais. Il nous a dit : « Les femmes, vous vous battez pour la paix dans notre pays. Vous avez pris la bonne décision et vous faites la bonne part. N'écoutez jamais les réactions des réactionnaires. » Donc pour moi, c'est une réaction de réactionnaire. C'est un non-événement. Franchement, c'est un non-événement. Si c'est quelque chose de bien qui nous vient de l'extérieur, pourquoi on ne la prendrait pas ? Si c'est un concept-
00:40:31: John Ngombua Peut-être que ça ne correspond pas à nos mœurs.
00:40:36: Georgette Biebie Comment ça ne correspond pas à nos mœurs ? Dans la société ancienne, on a eu des chefs femmes, des chefs de clans, des chefs de tribus. D'ailleurs, chez nous, on a eu Kimpa Vita, une grande femme leader qui a résisté contre la colonisation portugaise. C'était une femme leader, c'était une femme qui a pris des décisions pour notre pays. Alors, ce n'est pas un concept qui vient d'ailleurs, c'est un concept naturel de droits des femmes. La femme a le droit d'être là où on prend des décisions parce qu'elle est citoyenne à part entière de ce pays. Si elle n'est pas là, qui va parler à sa place ?
00:41:17: John Ngombua Professeur Georgette Biebie, je ne voudrais pas vous taquiner. Néanmoins, ce sont les mamans qui, dès le bas âge, apprennent déjà aux enfants que le garçon a des tâches précises et la fille, des tâches précises. Comment est-ce que vous vous étonnez qu'on en arrive là ?
00:41:42: Georgette Biebie Moi, c'est mon père qui m'a appris à me battre. C'est mon père, c'est vrai. Ce sont ces mentalités et ces coutumes rétrogrades dont nous voulons nous débarrasser. Ce sont une façon de faire, une croyance qui existe. Mais nous, en tant que militantes, en tant qu'activistes des droits de l'homme, nous sommes là pour corriger. Ce qui est bon dans notre coutume, nous prenons, mais ce qui n'est pas bon, ce n'est pas parce que c'est la coutume… D'ailleurs, c'est pour cela que nous sensibilisons les mamans à connaître leurs droits. Ces pauvres femmes, elles ignorent leurs droits parce qu'elles aussi, depuis la tendre enfance, on leur a appris que la femme n'a pas le droit de parler en public, la femme, c'est pour procréer, la femme, c'est pour la maison. C'est ce qu'on lui a dit. Et la pauvre, elle ne peut reproduire que ce qu'on lui a dit. C'est pour cela, dans la sensibilisation, nous insistons pour que ces femmes connaissent leurs droits et qu'elles apprennent à défendre leurs droits, qu'elles apprennent à faire respecter et à faire la revendication de leurs droits.
00:43:03: John Ngombua
Professeur, je voudrais d'abord... [diaphonie: . Vous allez y arriver. On va arriver à ça, mais je voudrais donner la parole au professeur Céline Sikulisimwa sur la santé et la couverture sanitaire universelle. La santé et la couverture sanitaire universelle sont des leviers majeurs de dignité. Quel est l'impact réel de l'accès ou du manque d'accès aux soins de santé sur l'autonomisation et la sécurité des femmes congolaises, particulièrement dans les zones vulnérables ?
00:43:48: Céline Sikulisimwa Merci beaucoup. J'aurais bien voulu rebondir sur ce que ma collègue a dit. Qu'à cela ne tienne, on va évoluer. Vous savez que la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle fait aussi partie des résolutions. Quand vous regardez les objectifs de développement durable, vous les scrutez à travers les 169 cibles qui sont là, vous allez vous rendre compte que notre pays ne fait que suivre le schéma tracé. Autant il y a cette Résolution 1325, il y a aussi des résolutions au niveau des Nations Unies qui font qu'on va aussi privilégier les autres aspects. On a parlé des droits de la femme, mais ça fait partie aussi de ce droit à la santé. Mais ce droit à la santé va aussi dans le sens de la mise en place des services qui lui permettent de continuer à bénéficier de ces droits. Notamment, je peux donner un exemple. Dans notre pays, on a mis en place la gratuité des accouchements qui permet aujourd'hui de faciliter, si pas de préserver la santé de la femme, de lui permettre d'aller accoucher dans les bonnes conditions, même en milieu rural, bien que c'est progressif.
00:45:10: Céline Sikulisimwa On est en train d'y aller petit à petit parce qu'on a quoi ? Vous savez aussi que dans nos milieux ruraux, il n'y avait pas des infrastructures capables d'accueillir les femmes. On a vu des images des femmes dans les milieux ruraux accoucher dans une pirogue. Et ça, c'est un problème de dignité au niveau de la femme. Il y a beaucoup de femmes qui perdent leur vie en accouchant, en donnant vie. Et je ne pense pas qu'en voulant accoucher, on veut perdre sa vie. C'est vraiment contraire à la nature. Et dans notre pays, cet aspect des choses dans le sens d'aller aussi vers... Parce qu'en matière de droits, il y a aussi l'équité. Il faut que tout le monde se retrouve dans les conditions équitables, tout le monde dans les mêmes conditions quasi. Et ça, c'est un progrès qu'il faut noter. En matière de CSU, c'est un aspect important qu'il faut noter.
00:46:02: John Ngombua CSU ?
00:46:02: Céline Sikulisimwa Oui, c'est la Couverture Santé Universelle. Il faut noter cette avancée-là dans notre pays, comme on l'a signifié aussi. Aujourd'hui, cette avancée permet à la femme d'accoucher dans les bonnes conditions, et de moins en moins, des femmes meurent pour accoucher. Et ça, c'est quelque chose qu'il faut noter parce que ça faisait aussi très mal quand vous apprenez ce genre d'informations. Il y a aussi la prise en charge du nouveau-né lui-même pendant ses premiers mois. Parce qu'aujourd'hui, on n'a peut-être pas une idée de ce que ça signifie. Ça signifie qu'on est en train d'investir dans le Congolais de demain. Parce que prendre en charge cet enfant pendant les premiers jours de sa vie, c'est crucial pour le reste de son avenir. C'est important. Les 1 000 premiers jours d'un enfant comptent pour beaucoup. Et lorsque déjà, on met en place les mécanismes pour permettre... C'est vrai, il y a encore beaucoup de défis, vous connaissez la situation de notre pays. Il faut aussi qu'il y ait énormément de moyens, mais ça fait partie des engagements que l'État congolais, le gouvernement a pris en face des autres.
00:47:12: Céline Sikulisimwa On dit que c'est vrai, nous regardons ceux qui viennent d'ailleurs, mais ça permet de remettre sur la table la dignité de la femme quand elle doit accoucher. Elle ne peut pas accoucher dans n'importe quelles conditions. Vraiment, c'est un élément qui est pris compte dans le cadre de notre pays dans le secteur de la santé.
00:47:33: John Ngombua La précarité économique pousse souvent les femmes à porter seules l'économie du ménage sans protection sociale. Comment les politiques publiques de santé peuvent-elles constituer un véritable bouclier pour ces femmes ?
00:47:49: Céline Sikulisimwa Bien sûr, les politiques publiques aident. Elles sont là pour nous aider dans le sens où si vous regardez dans les 89 % de l'économie informelle qui caractérise notre pays, la femme a une très grande part. La femme est dans les maraîchages, la femme est dans les activités. Regardez au marché, je ne sais pas si vous êtes déjà passé par le marché, comptez le nombre d'hommes et le nombre des femmes. Vous verrez que les femmes prennent le poids de cette économie informelle en majorité. Et ça, c'est un élément, un moteur qui peut permettre à notre pays d'aller de l'avant à travers la formalisation du secteur informel vers le formel. Ça signifie que toutes ces femmes-là peuvent être mises ensemble, renforcées en capacités, les rendre autonomes de manière à bénéficier de plus d'avantages. Parce que quand on évolue seule, on n'a peut-être pas autant d'éléments, comme l'a dit tout à l'heure le collègue professeur à côté. Il faut être invité, mais il faut être informé également. Il faut aussi être soudé, solidaire. Cette formalisation va permettre à ce que les femmes se mettent ensemble, les femmes soient aussi éligibles pour certains financements, par exemple, et les autonomiser.
00:49:06: Céline Sikulisimwa Et quand on les rend autonomes, c'est un avantage pour le pays. Un avantage, non seulement sur le plan politique, parce que ça va permettre à cette femme-là d'affirmer davantage son leadership parce qu'elle est déjà leader. Elle a ça dans le sang à travers ce qu'elle mène comme activité, surtout dans l'économie domestique où elle prend une grande partie en termes de poids. Et ça, c'est non négligeable. Ça impacte également sur l'éducation des enfants. Je crois que le pays est en train d'entrer dans ce sens-là. Aujourd'hui, de plus en plus, on tend vers la formalisation du secteur informel et la femme en tant que partie prenante a une très grande part en termes de visée et on s'y penche.
00:49:57: John Ngombua Je rappelle à ceux qui nous ont peut-être pris en cours que ce podcast est réalisé en marge de la célébration des 25 ans de l'émission Tribune des femmes, animée sur la RTNC par Madame Christine Lenzo depuis 25 ans, et qui était une idée originale de Madame Odia Malaika. Ce podcast est réalisé dans le studio Fritz, à la Fondation Friedrich Ebert, à Kinshasa. Il nous reste moins de 10 minutes ou 10 minutes tout au plus. On va essayer maintenant d'atterrir. Je vais vous poser une question par groupe de deux. Madame Céline Sikulisimwa et Madame Angélique Kipulu. Comment la Couverture Santé Universelle peut-elle être articulée avec la prise en charge médicale et psychologique des victimes de violences dans les zones de guerre, notamment. Dans les zones de guerre ou pas du tout ? Madame.
00:51:19: Angélique Kipulu Katani La prise en charge, c'est par rapport au centre médical qui se présente dans cette zone-là. Et aussi identifier les victimes, les malades. Il faut qu'ils soient aussi informés qu'il y a une prise en charge, la gratuité, pour qu'ils se rendent à l'hôpital pour prendre les soins. Mais s'ils ne sont pas informés, ils vont dire : « Moi, je ne vais pas aller là-bas, je n'ai pas l'argent pour payer. Comment je vais prendre ces soins-là ? » D'abord, ils doivent être informés et ils doivent être rassurés. Quand il se présente au centre médical, il a des soins voulus, et comme elle l'a dit tout à l'heure, des soins qui couvrent tout. Ce n'est pas... On a une plaie ici, on fait soigner la plaie, mais le paludisme, on laisse. Les soins qui prennent tout en compte et qui va amener cette femme-là à être en bonne santé pour exercer ses activités. Parce que je voulais enchaîner aussi par rapport à la parité. Il y a la question des partis politiques. Aujourd'hui, si on veut nommer, il y a les quotas. Et les chefs des partis politiques, ce sont des hommes. Ils vont d'abord se regarder entre eux.
00:52:31: Angélique Kipulu Katani
Peut-être que même si la femme était dans des postes de décisions dans son parti, on ne va pas la prendre [inaudible: . Madame avait parlé aussi de la formalisation. Je voudrais dire ici que notre ministère de l'Économie est en pleine campagne de sensibilisation. Ils font un travail très grand sur la formalisation de l'économie informelle. J'ai déjà participé deux ou trois fois dans leurs activités. Au mois de juin, on a même été en retraite dans la province du Bas-Congo, à Mbanza-Ngungu. Par rapport à la formalisation de l'économie informelle, ils sont en train de faire... Sur Kinshasa, ils ont fait déjà la ronde pour enregistrer les acteurs de l'économie informelle, pour les amener vers la formalisation.
00:53:23: John Ngombua Vous avez à dire sur cette question ?
00:53:28: Céline Sikulisimwa Si, merci beaucoup. Il est vrai que dans les zones où il y a énormément de conflits, nous ne le souhaitons pas, nous n'y pensons même pas, mais ce sont des choses qui sont vécues au quotidien, notamment les violences, les viols. Et des filles et des femmes aussi, se retrouvent avec des grossesses inattendues, non voulues, indésirées. La Couverture Santé Universelle, à travers cette gratuité de la maternité, peut permettre de corriger cette faille-là, et permettre à la femme d'accoucher dans les bonnes conditions. Parce que souvent, dans ces milieux-là, la femme est abandonnée à elle-même. La victime, la pauvre, avec une grossesse indésirable, une grossesse non désirée. Ces violences-là... Elle est non seulement stigmatisée par la population, mais si elle est suivie par ces centres, elle peut donner naissance à cet enfant et puis ne pas subir les affres du poids économique parce que dans ces milieux, souvent, il n'y a pas assez de moyens. Je crois que c'est un aspect aussi positif qui va nous permettre de corriger les affres dans ce monde où il y a autant de conflits, d'autant plus que les femmes et les filles aussi sont les plus grandes victimes des violences basées sur le genre.
00:54:48: John Ngombua Je vais poser une question à Monsieur Tshibangu et au professeur Biebie. Entre la formation théorique aux droits humains et le militantisme de rue, où se situe aujourd'hui le véritable levier pour forcer les décideurs politiques à passer à l'action, monsieur Tshibangu Ngoy ?
00:55:19: Tshibangu Ngoy Oui, il est vrai que nous sommes en train de prôner l'État de droit, mais il faudrait que tout soit réglementé. Voilà pourquoi nous invitons les gens d'abord à se faire former. Lorsqu'on est formé, on passe par une formation. Même s'il s'agit des revendications, on les fait selon les normes parce qu'il y a souvent des erreurs que nous commettons. En voulant réparer, vous détruisez. En voulant corriger, vous commettez encore des bêtises. Tout ça, c'est parce que les gens ne se laissent pas former, voilà pourquoi. Ceux qui sont formés, ils savent des méthodes de dénonciation, ils savent comment le faire. Parce que vous êtes en train de chercher à revendiquer un droit quelque part plutôt. Il ne faudrait pas aussi violer d'autres droits. Vous défendez les droits, vous revendiquez, mais vous violez encore d'autres droits. Tout ça, ce sont des conséquences parce que les gens ne sont pas formés. Voilà pourquoi nous disons : les mieux placés, ce sont ceux-là qui travaillent en collaboration avec les ONG, par exemple. Eux, ils savent comment le faire selon les normes et les principes.
00:56:29: John Ngombua Professeur Georgette Biebie ?
00:56:32: Georgette Biebie En tout cas, je suis tout à fait d'accord avec le professeur. Je vous ai dit que moi, je suis pharmacienne, mais si aujourd'hui, je suis dans le combat pour le droit des femmes, c'est parce que j'ai suivi une formation. Je continue d'ailleurs à suivre des formations. Là, je reviens d'un voyage à Nairobi où j'ai suivi une formation sur comment mener un plaidoyer au niveau régional pour la paix et la sécurité. C'est vrai, quand on n'a pas la connaissance, au lieu de bien travailler, au contraire, je pense que... Quand on ne travaille pas bien, on n'aura pas le bon résultat. Et pendant cette formation, on nous a appris une chose. On a dit : le militantisme, ce n'est pas le plaidoyer. Donc, ces choses-là, il faut connaître toutes ces sensibilités, il faut connaître toutes ces notions pour mener un bon plaidoyer et arriver au bon résultat. Donc, la formation, on insiste, en tout cas votre centre-là, il faut, je crois, le vulgariser pour que nous toutes, pour que nous puissions venir là-bas renforcer nos capacités pour plus d'efficacité, pour avoir plus de résultats probants.
00:57:54: Georgette Biebie En tout cas, nous, les militantes, quand nous avons commencé, je vois encore Christine, elle était très jeune, mais Christine ne portait pas le combat des femmes à l'époque. Elle nous attaquait sur le plateau : « Vous, les femmes. » Je dis : « Toi, tu es femme aussi. » Mais elle a suivi des formations et je vois comment Christine est transformée, comment maintenant, elle mène le combat des femmes. Mais au début, ce n'était pas comme ça. Donc, la formation est très importante pour maîtriser la question et pour mieux défendre la question, pour avoir de bons résultats.
00:58:29: John Ngombua Voilà, nous allons terminer par un dernier tour de table. Si vous n'aviez qu'une seule mesure prioritaire et immédiate à exiger du gouvernement congolais pour l'année à venir, afin que le rêve des femmes devienne une réalité, quelle serait-elle ? Nous allons commencer par le professeur Céline Sikulisimwa, et nous terminons sur ma gauche, par madame Kipulu Katani Angélique.
00:59:03: Céline Sikulisimwa Merci beaucoup. Pour moi, c'est l'intégration de la femme dans la gestion de la cité à travers des formations sur comment on gère son environnement pour une bonne santé. Je crois que c'est un élément important pour permettre à notre ville de devenir une ville viable. Cet aspect des choses manque. Je crois qu'avec l'initiative de mettre en place le service national, on devait accompagner cela avec la sensibilisation des populations pour que les mécanismes qui sont mis en place pour la santé et la dignité de l'homme soient des mesures pérennes, et qui ne vont pas rester sur une courte période. Merci beaucoup.
00:59:47: Georgette Biebie Pour moi, je voudrais d'abord lancer une fleur à madame Odia Malaika pour le travail abattu toutes ces années. En tout cas, les résultats que nous avons aujourd'hui dans les combats de femmes, je pense que sa contribution a été très importante et elle continuera à nous accompagner. Merci également à Christine qui a beaucoup changé, qui nous accompagne. Je la vois dans toutes les réunions de femmes. En tout cas, elle est là. Elle porte maintenant le combat des femmes. C'est devenu une femme genrée aussi.
01:00:21: Georgette Biebie Comme je l'ai dit, ce combat que je mène depuis plus de 20 ans, ce n'est pas un cadeau que nous cherchons, ce n'est pas une faveur, c'est une question de droits, d'éthique et de justice. Pour moi, la chose la plus importante, ça serait rendre la loi sur la parité contraignante. Qu'elle devienne contraignante, opposable à tous pour obliger l'État à la mettre en application et qu'il y ait des femmes compétentes, des femmes qui ont l'expertise en la matière, à la table de négociation, à la table de prise de décisions. Les femmes sont les premières victimes, on a dit ici, des affres de la guerre. Mais regardez tout le processus de négociation qui se passe actuellement — Doha, Washington, Nairobi, Genève, Luanda —, il n'y a pas de femmes. À part notre-
01:01:19: John Ngombua N'oubliez pas les consultations, les dialogues inclusifs en vue.
01:01:23: Georgette Biebie Les dialogues inclusifs en vue. Il n'y a que notre madame la ministre des Affaires étrangères qui se bat, qui est au front, mais ça serait bien qu'elle soit accompagnée de femmes combattantes aussi, de femmes qui vont défendre notre territoire, qui vont défendre notre pays. Qu'on rende cette loi contraignante et opposable à tous. Merci.
01:01:51: John Ngombua Je vous en prie, monsieur.
01:01:53: Tshibangu Ngoy J'invite personnellement toutes les femmes à suivre l'exemple de madame Odia Malaika, qui a accepté de se faire former sur la promotion, la protection et la défense des droits humains en général et des femmes en particulier. Aujourd'hui, nous voyons des fruits. Je tiens à vous rappeler que pas seulement nous sommes en train de fêter les 25 ans de cette émission Tribune des femmes, mais il y a aussi 50 ans de carrière professionnelle de madame Odia Malaika. Tout ça, ce sont les résultats. C'est parce qu'elle a accepté de se faire former. Mon message s'adresse à toutes les femmes d'accepter de se faire former.
01:02:45: Tshibangu Ngoy Et je conclus en injectant l'idée sur laquelle la parité ne fait pas partie de nos coutumes et traditions. La parité a commencé avec Dieu. Parce que depuis Genèse, la Bible dit : « Dieu les créa homme et femme. » On ne peut pas parler de la femme s'il n'y a pas l'homme. Donc la parité ne fait pas partie de nos coutumes, ne fait pas partie des coutumes et des mœurs. Mais la parité est innée et idéale. La parité est une nécessité pour que la vie soit comme elle doit être.
01:03:24: John Ngombua Madame Kipulu Angélique ?
01:03:27: Angélique Kipulu Katani
Je voudrais dire aussi, comme elle a dit, merci à ceux qui nous ont accompagnées pendant tout ce temps dans leurs émissions. Pour moi, précisément, c'est Christine. Parce que des fois, elle m'appelait, je refusais [inaudible: . Et elle commence à me suivre : « Maman Angélique, pardon, il faut venir, il faut venir. » Alors, elle a fait beaucoup d'efforts et aujourd'hui, nous sommes là, 25 ans. Je voudrais aussi dire : il y a des femmes dans l'ombre. Que tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir, qui cherchent à nommer, à amener des femmes dans les postes de prise de décisions, qu'ils ne regardent pas autour d'eux seulement dans un cercle qui est fermé, qu'ils essaient de jeter des yeux partout. Il y a des femmes capables, il y a des femmes courageuses, il y a des femmes intellectuelles qui ont fait des universités, qui peuvent aussi faire bien le travail qu'il faut faire. Je pense qu'il faut penser à toutes les femmes, il faut accompagner toutes les femmes. Il faut que les femmes elles-mêmes, comme elle l'a dit ici, puissent se mettre debout, suivre des formations, être là où on parle, même dans les causeries autour de la table, être là pour entendre qu'est-ce qu'on dit et dans tout ce qu'on dit, qu'est-ce que je peux tirer pour moi, qu'est-ce que je peux faire pour moi pour être là où les autres se trouvent. La participation de la femme est très importante. Il faut qu'elle soit là.
01:04:51: John Ngombua Merci. Merci à tous ceux qui nous ont suivis de partout. Merci à la Fondation Friedrich Ebert qui a permis que ce cadre existe. Évidemment, toutes nos félicitations aussi à l'émission Tribune des femmes avec madame Christine Lenzo et madame Odia Malaika. Au revoir et à très bientôt.
01:05:20: Angélique Kipulu Katani Merci.
01:05:20: Georgette Biebie Merci.
01:05:20: Céline Sikulisimwa Merci beaucoup.
01:05:24: Voix off Les Rêves des Léopards Rouges, politique et société en RDC. Un podcast de la Fondation Friedrich Ebert. Production : John Makasi. Régie : Constantin Grund.
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